mercredi 1 mai 2013

Une journée sur le Routeburn Track

Pour beaucoup de monde, le Milford Track est LA randonnée à faire en Nouvelle-Zélande. Pour ma part, j'ai bien vite abandonné l'idée de faire cette marche (trop chère et accessible seulement si l'on réserve 4 mois à l'avance en haute saison), et me suis intéressé à une autre Great Walk du coin : le Routeburn Track.

Pour bien comprendre les caractéristiques de cette randonnée, quelques explications sont nécessaires.

Le Routeburn Track relie la vallée de Glenorchy/Queenstown à celle de Milford. Ce qui signifie qu'une fois arrivé au bout, deux options principales se présentent pour revenir à son point de départ (dans le cas où l'on a un véhicule, par exemple) :
- refaire la marche dans l'autre sens
- prendre une navette qui nous ramène "de l'autre côté" (à savoir que pour relier les deux vallées, la seule option est de passer par Te Anau, ce qui implique presque 300km de route). Cette option n'est évidemment pas donnée.

La randonnée se fait généralement en 3 jours. Il faut donc réserver soit un lit dans un des refuges (hut) ou un emplacement sur un des campings. En haute-saison, une nuit en refuge coûte... 50$.

Pourquoi je rentre dans ces détails ? Disons qu'il s'agit d'un point non-négligeable à prendre en compte lorsqu'on veut se lancer dans l'aventure du Routeburn Track. Que ce soit en terme de budget, de temps, d'équipement.

Malheureusement pour moi, je n'avais pas le budget avant de commencer à travailler à Arrowtown. Et une fois dans le tourbillon de la vie active, c'est le temps libre qui me manquait. Et plus les semaines passaient, plus l'hiver se rapprochait, et plus les beaux jours propices à une excursion sur le Routeburn Track se faisaient rares, et courts.

Et donc, encore une fois, je prenais ma décision au dernier moment. Le jour pour le lendemain, comme on dit. Faute de préparation, et de jours de congés, je me résous à ne faire qu'une day-walk. Par chance il fait beau, et il a neigé la nuit précédente. Ciel bleu et sommets enneigés, je ne peux rêver mieux.

Journée parfaite
Ma première heure de marche n'est pas vraiment intéressante. Je navigue sur un sentier au milieu de la forêt, la vue n'est pas spécialement dégagée. Pour rompre la monotonie qui s'installe, un Toutouwai (NZ Robin) apparaît soudain, venant s'enquérir de mes intentions et du contenu de mon sac à dos.

Inspection du sac par le Toutouwai / NZ Robin

A l'approche des Routeburn Flats (1ère hutte du parcours), je commence à prendre conscience de la beauté des lieux. Les arbres laissent enfin entrevoir la vallée qui m'entoure, et le soleil maintenant un peu plus haut dans le ciel provoque des jeux de lumières magnifiques à travers les feuillages. Mon spot de pique-nique est tout trouvé.

Lunch spot aux Routeburn Flats
Après cette première partie de randonnée plutôt plate, je m'attaque désormais à la montée vers les Routeburn Falls, où se trouve la seconde hutte du parcours. A la faveur d'un glissement de terrain qui a dégagé la vue il y a quelques années, je fais une pause pour reprendre mon souffle, et prendre quelques photos.

Irréel
Me voici face à un pont suspendu. Je ne suis pas un seul, Toutouwai 2 veille et monte la garde on ne peut plus sérieusement. J'entends un "you shall not pass" résonner dans la vallée. Après quelques clichés, je lui demande s'il est possible de traverser. Je retiens mon souffle, et après quelques secondes de suspens, je suis autorisé à continuer ma route. Ouf !

Toutouwai N°2 au rapport
J'arrive enfin aux deuxièmes huttes, à Routeburn Falls. En fait, ça ressemble plutôt à un hôtel ! Je me demande toujours comment ils ont fait pour amener tout le matériel jusqu'ici. Les chutes d'eau sont vraiment impressionnantes.

Routeburn Falls
Je continue ma montée mais je dois déjà songer au retour. Le soleil se couche tôt, spécialement en montagne et je ne sais pas exactement jusqu'à quelles heure j'aurai une lumière suffisante pour marcher.

La vallée dans laquelle je me trouve maintenant est cependant tout simplement magnifique. Je continue donc, "pour voir ce qu'il y a derrière cette petite colline". Je poursuis donc ma route pendant presque une heure supplémentaire. Mon genou commence à me faire souffrir, je stoppe finalement ma route. Et je vis alors un des moments les plus frustrants de ma vie. Le cœur serré, je fais demi-tour.
Et là, il faut faire demi-tour

Pas facile !


Au final, je m'en veux de ne pas avoir "osé" une expédition sur deux jours, c'était totalement faisable. Mais je ne boude pas mon plaisir d'avoir goûté à cette merveilleuse randonnée qu'est le Routeburn Track. Je reviendrai.