mercredi 17 juillet 2013

Retour à Auckland. Ça sent la fin ?

J'ai quitté Thames et les Coromandel depuis un peu moins de deux heures, et me voici sur l'autoroute qui me ramène à Auckland après sept mois et demi de périple. Les essuis-glace chassent en rythme la pluie de mon pare-brise, tandis que je fais face à un soleil de fin de journée dont la Nouvelle-Zélande a la spécialité. J'ai le cœur un peu serré.
Me revoilà, Auckland

Beaucoup de sentiments me traversent ce jour-ci. C'est la fin de ma grande boucle à travers le pays, le retour au point de départ. Je pense donc aux moments forts des derniers mois, les souvenirs de mes 15 premiers jours à Auckland resurgissent également, et avec tout ça la mise en perspective du chemin parcouru (au sens géographique comme au sens intérieur) en si peu de temps. En si peu de temps ? Oui car j'ai l'impression que j'ai commencé cette aventure hier. Et puis je prends conscience de la quantité incroyable des images mentales qui se bousculent entre mes yeux et le pare-brise de mon cher van. Le temps qui passe ne m'a jamais paru une valeur aussi relative qu'à ce moment.

Mais je dois mettre de côté l'introspection pour me focaliser sur des tâches un peu plus concrètes. Je me donne 15 jours pour vendre mon fidèle -mais fatigué- compagnon de route (c'est clairement la plus mauvaise période pour revendre un véhicule), suite à quoi je m'offrirai 2 semaines aux îles Tonga et... il sera déjà temps d'embarquer pour mon vol retour... ouais, c'est pas vraiment le moment le plus joyeux du voyage...

Pour ma première nuit, dans un réflexe teinté de symbolique, je retourne au Ponsonby Backpacker, l'auberge de jeunesse qui m'avait accueilli pour ma première semaine chez les kiwis. Bon je ne sais pas si c'était une bonne idée, le décalage est tel... mais je devais avoir le besoin de boucler la boucle, de valider "l'avant" et "l'après".
Dès le lendemain, je me mets en quête d'un autre lieu, si possible une auberge dans laquelle je pourrai travailler et ainsi économiser un loyer bien lourd pour le voyageur en fin de course que je suis. Je passe la journée à tourner dans les quartiers que je connais, quémandant un poste de cleaner d'un côté, posant mes annonces pour vendre mon van de l'autre. Je finis pas atterrir à Oaklands Lodge, au pied de Mount Eden. Pas de boulot mais un prix dérisoire, un accueil bien plus chaleureux qu'ailleurs et des locaux vraiment agréable à vivre.

Oaklands Lodge, ma nouvelle maison

Et à mon grand étonnement, je me réadapte très facilement à la vie dans la plus grande ville du pays. Il faut dire que le quartier est particulièrement agréable, et je noue vite des contacts avec les backpackers déjà présents. Il est d'ailleurs marrant de noter la confrontation entre les "nouveaux" (un mois vécu dans le pays tout au plus) et les "anciens" (un mois restant dans le pays tout au plus). il n'y a quasiment pas de profil intermédiaire.

Auckland, l'hiver

Albert Park

Croisé à Queen Street

Je vends mon van en 3 petits jours, au prix minimum que je m'étais donné (qui me permettra de payer mes vacances au soleil). Du coup je n'ai plus de véritables objectifs, et je me contente de profiter de la vie "sédentaire". Je finis pas me faire embaucher comme jardinier de l'auberge (avec un somptueux coup de cisaille lors de la taille des arbustes qui coupera l'internet pendant une journée entière).

Et n'allez pas croire que je m'ennuie, l'avantage de côtoyer des "nouveaux" c'est qu'ils n'ont encore pas vu grand chose, viennent d'acheter leur véhicule et sont donc ultra-motivés pour explorer les alentours. Moi je fais donc le guide, et j'en profite pour revoir des coins que j'ai aimé, et explorer ceux que je n'avais pas encore vus. C'est ainsi que je me retrouve pour un petit tour de randonnée aux Pinnacles... Coromandel.