jeudi 12 septembre 2013

Le départ : déchirement, larmes, angoisse

Le voyage est une éternelle suite de débuts et de fins. De fins et de débuts. Et au final c'est ce qui permet d'avancer et qui m'a fait passer du camp des pessimistes à celui qui retient le côté positif de chaque moment (si si les copains qui me connaissent, c'est arrivé !) Mais y'a quand même des fois, putain, c'est dur de passer de la fin de quelque-chose au commencement d'une autre. Et en ce jeudi 12 septembre 2013, bah c'est pas la joie.

Malgré le prolongement d'un mois de mon séjour, les moments fabuleux supplémentaires et la conscience que je dois profiter de chaque journée restante, le jour du départ débarque un peu comme un intrus au milieu d'une belle fête. Du genre se lever le matin et ne toujours pas réaliser qu'on ne verra pas la fin de la journée dans ce pays qui nous a accueilli pendant 324 jours.

Comme d'habitude dans ce genre de moment, je me sens complètement cotonneux, je suis là sans l'être vraiment, je deviens un simple spectateur des événements qui m'entourent. J'ai quand même une première boule dans la gorge au moment de saluer Johnny, l'un des responsables de l'auberge dans laquelle j'ai finalement passé un mois et demi.

Mon sac est prêt depuis la veille, moins de vêtements mais des paquets de Tim Tam et 2 canettes de L&P qui alourdissent le sac d'un bon kilo à eux seuls.

Il pleut

Juliette m'amène à l'aéroport pour la 3ème fois en un mois, après les Tonga et Queenstown. Mais cette fois, je ne reviendrai pas. Je suis complètement sonné, l'impression de tout voir au ralenti pendant que les battements de mon cœur accélèrent progressivement. Les adieux sont larmoyants, forcément, et je commence à sentir arriver le train de la prise de conscience à pleine vitesse dans ma gueule.

Me voici installé, pour mon 1er vol dans ce gros bébé qu'est l'A380. Il s'élance sur la piste comme un nounours nonchalant.
Et puis il quitte enfin le sol néo-zélandais, et c'est à ce moment exact que je comprends enfin ce qui se passe. Je ne suis pas certain de m'être pris une aussi grosse claque en 29 ans. Crise d'angoisse, cœur qui palpite et une seule envie : me lever et crier "STOP, on annule tout !"

Mais voilà, pour l'instant c'est la fin.

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Le bilan de ce voyage est bien évidemment positif (je ne suis pas sûr d'avoir un véritable mauvais souvenir de ces 11 mois chez les kiwis), j'ai appris beaucoup de choses, notamment sur moi-même et sur comment j'envisage la suite de ma vie. Je n'ai plus peur de l'inconnu ni du changement, j'ai développé ma curiosité, j'ai rencontré des personnes de tous horizons, des personnes enrichissantes et que j'espère recroiser dans le futur, où que ce soit.
J'ai également découvert un pays exceptionnel, magnifique, varié, avec des habitants accueillants, curieux, et au mode de vie qui m'a particulièrement accroché. Au point que j'envisage d'y retourner pour y vivre (quelques années ?)

J'ai tout simplement grandi. Et je ne me suis jamais senti aussi serein, calme et détendu pour la suite.



Voyons donc voir ce qu'elle nous réserve !